Enquête. Le passé suspect de Monsieur Pokémon Go

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QUAND UN JEU ARRIVE A DÉTOURNER LES GENS SUR LES VRAIS PROBLÈMES DE LA VIE…

A NE PLUS RÉFLÉCHIR…

A SUIVRE DES OBJETS VIRTUELS SUR UN TÉLÉPHONE EN ÉCHANGE DE PERDRE TOUTE SA VIE PRIVÉE …. ET EN PAYANT RÉGULIÈREMENT…

MAIS D’OÙ VIENT CET INVENTEUR ET CETTE INVENTION ?

A QUI PROFITE LE CRIME ?

 

 

Enquête. Le passé suspect de Monsieur Pokémon Go

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source : http://www.lelibrepenseur.org/enquete-le-passe-suspect-de-monsieur-pokemon-go-2/

 

Avant de lancer l’application la plus téléchargée au monde, John Hanke a fait carrière chez Google. Spécialiste de la cartographie, il s’est retrouvé au cœur de l’affaire Wi-Spy, “le plus grand scandale d’atteinte à la vie privée de l’ère Internet”, détaille The Intercept.  

Sorti le mois dernier [le 7 juillet aux États-Unis], le jeu de réalité augmentée Pokémon Go aurait battu en seulement deux semaines les records de popularité de Twitter, Facebook et Netflix chez les utilisateurs de téléphones Android. Côté Apple, le jeu a été plus téléchargé lors de sa première semaine que n’importe quelle autre application dans l’histoire de l’Apple Store.

Le succès phénoménal de ce jeu n’a pourtant d’égal que l’avidité avec laquelle il aspire les données personnelles de ses utilisateurs. Contrairement à Twitter, Facebook ou Netflix, Pokémon Go exige d’avoir un accès ininterrompu à votre caméra et à votre localisation, soit “une véritable mine de données sensibles et personnelles”, écrit une association de lutte pour le respect de la vie privée dans une lettre aux régulateurs fédéraux américains.

L’information est d’autant plus inquiétante que Pokémon Go est la propriété d’un homme qui a été au cœur d’une des plus graves controverses depuis les débuts d’Internet. Un homme qui, grâce aux voitures Google chargées de cartographier chaque recoin de ville pour le service Google Street View, a secrètement enregistré des masses d’informations privées : activité de réseaux Internet privés, mots de passe, e-mails, dossiers médicaux, situations financières, fichiers audio et vidéo.

Pionnier de la géolocalisation

Avant de prendre la tête de Niantic Labs [la société qui a développé le jeu Pokémon Go], John Hanke a dirigé le département “Geo” de Google et s’est retrouvé chargé de presque tous les projets liés à la localisation. C’était précisément à l’époque où le célèbre moteur de recherche commençait à faire bien plus que cataloguer des pages web et s’apprêtait à répertorier le moindre pâté de maisons construit sur la planète.

Fondateur de Keyhole, une société d’imagerie satellitaire extrêmement populaire et qui a bénéficié du soutien financier de la CIA, Hanke est entré chez Google en 2004 après le rachat de sa société, rebaptisée Google Earth en 2005. Deux ans plus tard, Hanke était globalement responsable de tout ce qui avait trait à la cartographie chez Google. Un portrait de Wired, publié en 2007 (“Google Maps is changing the way we see the world”), le présentait comme un véritable pionnier. Dans cet article illustré d’une photo de l’intéressé en digne successeur du dieu Atlas, un énorme globe reposant sur ses épaules, on pouvait lire :

Sous la direction de John Hanke, Google Earth et Google Maps mettent les outils de cartographie à disposition du monde entier.

Google était alors en pleine effervescence. Supplantant ses rivaux de MapQuest, Google Maps était devenu incontournable et la firme de Mountain View avait de grandes ambitions pour monétiser ces informations cartographiques. Mais avant de pouvoir revendre la Terre à ses occupants, Google devait la numériser : une armada de voitures équipées de capteurs et estampillées Google Street View se mirent à sillonner toutes les villes, autoroutes et pistes de la planète pour photographier le moindre bâtiment, arbre ou poteau s’offrant à leur objectif. Google ajouta ensuite ces photos à ses cartes via une API (interface de programmation applicative), qui est aujourd’hui le socle sur lequel Pokémon Go – et bien d’autres applications – a bâti son succès.

Illustration d’Erik Carter pour The Intercept.

[…]

Sam Biddle

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