Les champignons empoisonnent toujours l’hôpital Pompidou

Ambiance devant l'Hôpital Georges Pompidou, qui rappelons le, vient de fermer 9 de ses 24 blocs opératoires, ainsi que les urgences, pour être entièrement desinfectés, suite à la présence de champignons.
COMMENT ON PEUT ARRIVER A UN TEL ÉTAT DANS UN HÔPITAL AUSSI RÉPUTE ???
NOUS NE SOMMES PLUS EN SÉCURITÉ NULLE PART… ET SURTOUT  A L’HÔPITAL ?
Fin juillet, trois semaines après la découverte de moisissures dangereuses dans des blocs de l’hôpital parisien, d’autres ont été retrouvées… à l’étage supérieur.

Cet été, trois semaines après le grand nettoyage des blocs opératoires du plus prestigieux établissement de l’Assistance publique, l’hôpital européen Georges-Pompidou (Paris XVe), il y avait, une fois encore, des champignons. Mais, cette fois, dans les salles d’un autre étage. Ces moisissures peuvent causer des infections chez des personnes fragiles comme des malades opérés.

On se souvient que le 7 juillet, l’aspergillus avait été découvert dans 9 des 24 blocs du premier étage. Des prélèvements d’air et de surface (notamment sur du matériel chirurgical) inquiétants avaient conduit à réaliser un nettoyage des salles. Le Samu avait été informé de la situation et les urgences (orthopédiques et viscérales notamment) avaient été fermées. D’autres établissements avaient pris la relève. Le 13 juillet, l’Assistance publique des hôpitaux de Paris (AP-HP) avait finalement fermé neuf salles du 1er étage. Puis, après un «bio nettoyage complet», les salles (à l’exception d’une pour changer des filtres d’aération) avaient rouvert le 18 juillet. Et Le Figaro de s’interroger alors sur l’empressement avec lequel la réouverture intervenait, le temps dévolu à la culture des champignons apparaissant comme trop court pour avoir permis d’obtenir les résultats des analyses. Du personnel soignant déplorait un ménage «fait à la va-vite», faute d’infirmières et d’aides-soignants.

Des chirurgiens non informés

Le 26 juillet, soit donc presque trois semaines après la découverte de champignons dans les salles du 1er étage et après leur nettoyage méticuleux, de nouveaux intrus fongiques ont été découverts… au 2e étage. Le sujet ne s’arrête pas là: Le Figaro a contacté quatre chirurgiens et aucun d’entre eux n’avait été informé de ces résultats. Mais, ajoute un soignant, «la structure fermait pour tout le mois d’août et il était de toute façon prévu de tout nettoyer». Début mai, la salle 2 du 2e étage avait déjà dû fermer en raison d’aspergillus.

Les emails avec les résultats des prélèvements sont adressés aux cadres -donc au personnel administratif de l’hôpital- et non aux praticiens. Dès lors, comment faire un suivi rigoureux des patients si l’on ne sait pas qu’il y avait de l’aspergillus au bloc? Fin août, des prélèvements microbiens se sont révélés positifs mais pas d’aspergillus en vue. Contactée par Le Figaro, Anne Costa, la directrice de l’établissement, n’a pas répondu à nos appels.

Réfrigérateurs pas spécifiquement vidés tous les jours

S’ajoute à cela le problème des réfrigérateurs qui ne sont pas vidés assez régulièrement. Un chirurgien raconte qu’au retour des vacances d’été, des réfrigérateurs du premier et du deuxième étage renfermaient des pièces anatomiques depuis plus de quinze jours. Quand un patient est opéré et que des tissus lui sont retirés, ces derniers sont placés au réfrigérateur avant d’être transmis au service d’anatomopathologie chargé de les examiner afin de déterminer, par exemple, s’il s’agit d’une tumeur bénigne ou non. La transmission se fait tous les jours ou plusieurs fois par jour. Mais, confie un médecin de Pompidou: «Ces retards sont réguliers. Ce sont des pièces opératoires oubliées, quelques jours, parfois une semaine».

Question: quelle est la conséquence de ces transmissions non quotidiennes? Réponse de notre médecin: «Un retard au diagnostic et à la prise en charge». Une peccadille en somme.

 

 

source :

http://sante.lefigaro.fr/actualite/2016/09/08/25368-champignons-empoisonnent-toujours-lhopital-pompidou

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