ENFANT 1 PERE 2 MERES … LE PROGRES OU LA FIN DES TEMPS ?

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UN ENFANT NE D’UN PÈRE ET DE 2 MÈRES… LE PROGRÈS ? L’ÉVOLUTION ? OU LA FIN DE TOUTES LIMITES ?

CE MONDE NE TOURNE PAS ROND ….

 

 

C’est une première. Un bébé né de trois géniteurs a vu le jour au Mexique en avril dernier, a dévoilé l’American Society for Reproductive Medicine (ASRM) mardi. La procédure, novatrice et complexe, sera présentée en détail à la conférence annuelle de ce même organisme, qui se tiendra en octobre à Salt Lake City (Utah). 20 Minutes fait le tour de cette innovation en quatre questions.

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En quoi consiste la manipulation ?

L’innovation consiste à enlever le noyau d’un ovule d’une donneuse pour le remplacer par le noyau de la mère biologique, mélangeant ainsi l’ADN de deux génitrices. Objectif ? Eviter qu’une mère ne transmette sa maladie héréditaire rare à son bébé. Plus globalement, cette technique vise à éliminer, ou minimiser au maximum les anomalies des mitochondries à l’origine de maladies graves touchant les muscles, les yeux, le cerveau ou le cœur.

Cette « Fécondation In Vitro à trois » pourrait être un pas important. « Si d’autres recherches permettent d’établir la sûreté et l’efficacité de cette technique de transfert des matériaux génétiques, on pourrait l’envisager comme une option pour les femmes risquant de transmettre des maladies mitochondriales à leurs enfants », a expliqué le Dr Owen K. Davis, président de l’ASRM.

« Ce qui est spectaculaire, c’est qu’on n’avait jamais modifié la cellule embryonnaire », souligne Pierre Le Coz, philosophe spécialiste des questions éthiques. De là à parler de révolution, il y a un pas. « Aujourd’hui, on a déjà fait naître des enfants exempts d’une maladie c’est-à-dire qu’on sélectionne l’enfant à naître en fonction de son tableau pathologique pour tenter d’éliminer la maladie héréditaire, nuance le spécialiste. Et le diagnostic préimplantatoire se fait aujourd’hui en France. Cette technique est d’une part plus sûre car utilisée depuis 2000 et surtout plus simple. »

Problèmes psychologiques

Pas évident d’avoir trois géniteurs ? « Pour moi, la question des problèmes psychologiques est un faux problème », tranche Pierre Le Coz, spécialiste de bio-éthique. Car la contribution du tiers est très faible : les principaux caractères, couleur des yeux, forme du visage, de la mère biologique se retrouveront chez l’enfant. C’est le noyau, dans ce cas celui de la mère biologique, qui comporte les informations génétiques les plus importantes. »

Problèmes médicaux

Cette technique est « risquée avec des conséquences imprévisibles sur la santé de l’enfant et des futures générations », a prévenu Marcy Darnovsky, directrice du Center for Genetics and Society, une ONG basée à Berkeley, en Californie. Même son de cloche du côté de Pierre Le Coz : « Il faudra suivre de près le développement de cet enfant issu d’une expérimentation. Les essais sur les animaux n’ont pas été assez poussés. Et il y a même eu des résultats peu rassurants sur des rats qui présentaient des problèmes morphologiques. »

Autre critique : cette naissance n’a pas fait l’objet d’une publication détaillée dans une revue scientifique de renom avec comité de lecture. Une telle publication aurait permis de répondre avec rigueur aux interrogations des spécialistes portant, entre autres, sur le pourcentage précis de mitochondries maternelles résiduelles (porteuses de la maladie) dont l’enfant a malgré tout hérité. D’après l’équipe du Dr Zhang, « moins d’1 % » des mitochondries du garçon seraient porteuses de l’anomalie.

Une précédente expérience appelle toutefois à la prudence : dans les années 1990 des chercheurs avaient testé l’injection de mitochondries provenant d’une donneuse pour doper des ovules d’une femme ayant du mal à procréer. Mais certains enfants ont développé par la suite des troubles génétiques et cette pratique a été bannie.

Problèmes éthiques

C’est plutôt sur cette question que ça coince. D’abord sur la question du don d’ovocyte. « Cette expérimentation pourrait lever un frein au don d’ovocyte, qui est trop faible en France, reprend Pierre Le Coz. En effet, les éventuelles donneuses seraient rassurées de savoir que seulement 10 à 20 % de leur patrimoine génétique irait à cet enfant. Cela pourrait dédramatiser le don d’ovocyte. »

Reste la question de rémunérer ce don d’ovocyte, pratique interdite en France, mais autorisée dans d’autres pays. Et pour les parents qui auraient recours à cette « FIV à trois », avoir un enfant qui ressemble davantage à la mère que dans le cadre d’une FIV traditionnelle serait porteuse d’espoir. Mais pour le philosophe : « Cette technique, si elle se développait, devrait être réservée à des indications médicales ». En clair, que seules les femmes qui ont un risque de transmettre des maladies graves puissent bénéficier de cette technique. Car cette naissance pourrait symboliser un nouveau pas vers l’eugénisme : si l’on peut choisir un embryon en bonne santé, pourra-t-on choisir la couleur de ses yeux à l’avenir ? Peu de risque pour Pierre Le Coz : « Je ne crois pas que l’on soit dans un cas d’eugénisme. On ne cherche pas à faire des enfants parfaits. Même si les Hommes utilisent souvent des techniques à des fins auxquelles on n’avait pas pensé… »

source

http://www.20minutes.fr/sante/1932919-20160928-genetique-quatre-questions-premiere-naissance-enfant-issu-trois-geniteurs

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