CANCER DU SEIN ET DEO A L’ALU ! EN SUISSE DES CANCÉROLOGUES DÉNONCENT

deo

COMME TOUJOURS AVEC LE TEMPS… LA VERITE ARRIVE…

LES CANCÉROLOGUES, MÉDECINS, PROFESSEURS QUI ONT OSE DÉNONCER ONT PAYE CHER… MAIS ONT OUVERT LE CHEMIN VERS LA VÉRITÉ

Un ancien des HUG crie haro sur les déos à l’alu

Cancer du sein Le professeur Sappino, ancien chef de la cancérologie aux HUG, publie avec le docteur Mandriota une étude dans Journal of Cancer.

 

Les déodorants contenant de l’aluminium favorisent-ils le cancer du sein? A cette question, la communauté scientifique répond par la négative depuis une vingtaine d’années car aucune étude n’a pu établir un strict lien de causalité entre l’application de déodorants et l’apparition de tumeurs mammaires chez la femme. A Genève, une équipe pense différemment. Le docteur Stefano Mandriota et le professeur André-Pascal Sappino, ancien chef de la cancérologie aux Hôpitaux universitaires de Genève, désormais installés dans le giron de la Clinique des Grangettes, viennent de publier une étude dans la revue International Journal of Cancer. Il s’agit selon eux «d’une étape importante dans le réquisitoire contre les sels d’aluminium».

Conscients qu’ils doivent approfondir leurs travaux, les auteurs de l’étude estiment détenir suffisamment d’éléments pour recommander de renoncer aux déodorants contenant de l’aluminium. Un peu seuls, il y a quatre ans, à tirer la sonnette d’alarme, ils le sont moins aujourd’hui: les lignes bougent légèrement, même si la preuve formelle de la toxicité de l’aluminium chez l’être humain manque encore.

Au départ dubitatifs comme les autres, Stefano Mandriota et André-Pascal Sappino commencent à s’intéresser à l’aluminium en 2009. A l’époque, leur équipe est abritée par l’Université de Genève. Dans un premier article publié en 2012, elle établit que l’aluminium – à des doses 1500 à 100 000 fois inférieures à celles contenues dans les déodorants – altère et transforme, in vitro, les cellules mammaires humaines. «Elles prenaient des caractéristiques qui ressemblaient aux cellules tumorales, rappellent-ils. Alors que les cellules normales arrêtent de se multiplier dès qu’elles entrent en contact entre elles, celles-là poursuivaient leur multiplication, comme en cas de cancer.»

Scepticisme des scientifiques

A l’époque, le résultat est fraîchement accueilli par la communauté scientifique, admet le cancérologue. «Le scepticisme était marqué. Personne ne contestait la validité scientifique de nos observations, mais on nous disait qu’elles n’étaient pas pertinentes pour la santé humaine.»

Pendant quatre ans, l’équipe a creusé le sujet. Avec l’aide de la Clinique des Grangettes, qui a décidé d’investir dans la recherche, le soutien de la Ligue genevoise contre le cancer et d’une célèbre fondation privée genevoise, les chercheurs ont cette fois-ci testé leur hypothèse sur l’animal. Ils ont utilisé des cellules mammaires de souris qu’ils ont transformées avec des sels d’aluminium. Après quatre à six mois d’exposition, ces cellules ont ensuite été injectées à des souris. «Nous avons observé la même chose: à des doses très faibles, des tumeurs explosives, avec des métastases, apparaissaient.»

C’est une étape «clé» pour André-Pascal Sappino, qui souligne que 90% des cancers sont liés à des facteurs environnementaux et que le cancer du sein «augmente dans nos sociétés, en particulier chez les femmes de moins de 50 ans. Là, nous avons un suspect important. Désormais, les éléments à charge s’accumulent mais il va falloir alourdir le réquisitoire.»

Comment? «Il nous faut comprendre les mécanismes: pourquoi les cellules mammaires sont-elles aussi sensibles aux sels d’aluminium? C’est très mystérieux. Nous avons quelques pistes. Par ailleurs, nous devons effectuer des expériences qui se rapprochent encore plus de ce qui se passe chez l’humain. Par exemple, en appliquant directement sur les glandes mammaires de souris des préparations contenant de l’aluminium.» L’équipe se donne deux ans pour présenter ses prochains résultats.

D’ici là, que conseiller à celles qui choisiraient de renoncer aux déodorants incriminés? Les autres ne sont guère efficaces. Les chercheurs l’admettent. «Les déodorants sans alu représentent moins que 10% du marché. Mais on en trouve de meilleurs que d’autres. A l’industrie de réagir et de proposer de nouveaux produits.»

Comme l’amiante?

Une chose semble acquise: la solitude et les réactions mitigées ne découragent pas les chercheurs genevois. Au contraire. Ils font le parallèle avec l’amiante: «Il a fallu cinquante ans avant que l’on reconnaisse sa toxicité et qu’on l’interdise.» Ils relèvent que «90% des fonds destinés à la recherche sur le cancer sont alloués au développement de médicaments. Etrangement, les recherches dévolues à l’identification des causes du cancer demeurent relativement marginales.»


«Ne fermons pas les yeux»

Que penser de cette nouvelle étude? La Tribune de Genève a interrogé les spécialistes du cancer du sein des Hôpitaux universitaires de Genève (HUG), du Centre hospitalier universitaire vaudois (CHUV) et la directrice du Registre genevois des tumeurs.

Médecin adjoint du Service d’oncologie du CHUV, le Dr Khalil Zaman rappelle que la polémique n’est pas neuve et que les études menées jusqu’ici ne permettent pas d’incriminer l’aluminium dans la survenue du cancer du sein. «La réalité du corps humain n’est pas celle du laboratoire. Les observations sur des cellules en culture ne sont pas forcément valables sur l’être humain. On le voit bien avec des médicaments: lorsqu’on analyse leur efficacité, certains traitements ont l’air très performants, sans que cela se vérifie sur l’homme.» L’étude genevoise n’amène donc pas une preuve solide selon le Dr Zaman.

Même réserve de la part de la directrice du Registre genevois des tumeurs, Christine Bouchardy: «Les données épidémiologiques à disposition à travers le monde ne montrent aucune causalité établie ni même probable entre l’utilisation des sels d’aluminium et la survenue de cancer du sein.» Aux HUG, la réaction recueillie est plus nuancée: «Nous savons que l’environnement peut jouer un rôle dans la survenue du cancer. Pour celui du sein, nous connaissons certains facteurs de risque, mais pas de responsable unique que l’on pourrait montrer du doigt», réagit le Dr Alexandre Bodmer, responsable de l’Unité d’oncogynécologie médicale au sein du Service d’oncologie des HUG.

Comme son homologue du CHUV, il relève qu’«en l’état, les indices récoltés ne permettent pas de transposer les soupçons directement à l’humain». Mais il ne rejette pas l’étude du professeur Sappino pour autant. «Nous ne pouvons pas fermer les yeux et conclure à l’innocuité complète des sels d’aluminium. Il est légitime de se poser la question et les résultats de cette étude montrent qu’il est nécessaire de poursuivre ces recherches. Je pense cependant qu’il ne faut pas faire peur aux femmes en leur disant que l’emploi d’un déodorant à base d’aluminium provoquera un cancer, mais par précaution, je dirais d’éviter un usage quotidien de ces déodorants et de les employer en alternance.» S.D.

 

Que pensent aujourd’hui les autorités suisses des sels d’aluminium?

Nous maintenons la même position, basée sur les dernières connaissances scientifiques. En 2014, l’aluminium présent dans les déodorants, les dentifrices et les produits pour les lèvres a été réévalué par le Comité scientifique pour la sécurité des consommateurs de la Commission européenne. Selon cette évaluation, rien n’indique que l’emploi de produits cosmétiques et de soin de la peau contenant de l’aluminium augmenterait le risque de cancer du sein ou d’autres maladies comme Alzheimer.

Que vous inspire cette étude qui apporte des éléments supplémentaires?

Cette étude prouve que le chlorure d’aluminium induit l’apparition de tumeurs dans les cellules des glandes mammaires des souris. Les résultats démontrent la dangerosité du produit dans le cadre d’un modèle animal spécifique (in vitro et in vivo) mais ne permettent pas de déterminer le risque effectif dans le cadre d’une utilisation normale des antitranspirants. Cette limitation est aussi mentionnée par les auteurs de l’article.

Nous avons donc pris connaissance de cette étude et elle nous semble intéressante. Compte tenu des étapes nécessaires à l’analyse de risque (transposition du modèle animal à l’être humain, prise en compte de l’exposition en situation réelle…), il n’est pas encore possible de prendre position de manière officielle et définitive.

Le professeur Sappino déconseille aux femmes d’utiliser des déodorants contenant de l’aluminium. Et vous?

L’OSAV recommande de ne pas utiliser de déodorants contenant de l’aluminium sur une peau irritée ou blessée, comme après le rasage, par exemple

(TDG)

(Créé: 19.09.2016, 20h18)

 

SOURCE

http://www.tdg.ch/geneve/actu-genevoise/

Laisser un commentaire

*