Mémoire : «Le risque est de faire trop confiance aux nouvelles technologies»

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L’HUMAIN N’EST PAS FAIT POUR AVOIR AUTANT D’INFORMATION CHAQUE JOUR…

CHANGER DE SITUATIONS A CHAQUE INSTANT…

SUBIR LES PRESSIONS DES NOUVELLES DANS LES JOURNAUX, INTERNET, MESSAGES, SMS  ETC…

SE RÉVEILLER AVEC SON SMARTPHONE ET ENCHAINER LES NOUVELLES.. 99% DE MAUVAISES NOUVELLES…

APRÈS DES JEUX, DES CLIPS, DES VIDÉOS, DES RECHERCHES INTERNET, DES MESSAGES, ETC..

NOTRE CERVEAU N’ARRIVE PLUS A SUIVRE.. ET VOTRE CORPS EST SOUS PRESSION CHAQUE JOUR AU RISQUE DE METTRE VOTRE  SANTÉ EN DANGER…

PRENEZ SOIN DE VOTRE SANTÉ…  ET FAITES UNE PAUSE POUR RÉFLÉCHIR AUX CHOSES IMPORTANTES DANS VOTRE VIE…

INTERVIEW -Le neuropsychologue Francis Eustache plaide pour un enseignement de l’utilisation de l’outil informatique.

LE FIGARO. – Vous qui étudiez notre capacité de mémoire depuis des décennies, quelles découvertes récentes vous semblent particulièrement notables?

Francis EUSTACHE. – Pendant des décennies, les chercheurs se sont surtout concentrés sur la mémoire individuelle, mais, depuis trente ans, c’est aussi l’aspect social de celle-ci qui intéresse: les interactions des individus entre eux et l’effet que celles-ci ont sur la création des souvenirs, notamment, passent au premier plan. De plus, on tente désormais de comparer l’agencement entre mémoire individuelle, mémoire teintée de social et mémoire collective.

En quoi ces deux dernières dimensions diffèrent-elles?

La mémoire sociale a à voir avec les paroles qu’on échange dans un groupe. On sait notamment que celles-ci peuvent avoir une influence importante sur l’encodage des informations chez chaque participant. Si par exemple, on n’a pas parlé d’une situation ou d’un événement dans un groupe, la mémoire de chacun va s’en trouver dégradée et donc les souvenirs en seront moindres. La mémoire collective, elle, transcende cela et imprègne l’individu, même s’il n’était pas inclus dans un groupe. Aujourd’hui, elle est particulièrement imposée par les médias. C’est d’ailleurs là une autre évolution très importante: notre immersion fréquente dans les nouvelles technologies, ce qui a évidemment des conséquences sur notre capacité de mémoire.

Quelles sont-elles?

Pour mémoriser, il faut traiter l’information en profondeur, lui donner du sens, ce qui implique de consacrer du temps à ce traitement. Nous, êtres humains, ne sommes pas multitâches. Donc il faut savoir que nous ne pouvons encoder des éléments, en faire des souvenirs, s’ils sont pris dans une pléthore d’informations. L’hypersollicitation cérébrale engendrée par l’usage excessif des nouvelles technologies est un problème dont on devrait notamment parler dans les écoles. Difficile de réviser et de mémoriser des connaissances tout en jouant sur son ordinateur…

Oui, mais de plus en plus d’informations sont conservées dans nos smartphones ou ordinateurs?

Il y a toujours eu un équilibre à conserver entre ma mémoire interne (ce que je sais moi) et la mémoire externe (le savoir qu’il y a dans une bibliothèque). Mais aujourd’hui, nous sommes dans un changement de relation au savoir majeur. Un risque nouveau apparaît, celui de trop faire confiance à ces mémoires externes puissantes qui sont si faciles d’accès. Ma «mémoire», c’est ce dont je suis capable de faire la synthèse et qui me donne mon identité singulière. Si cette mémoire n’est plus peu à peu qu’un contenu disparate, c’est ma position dans le monde, ma présence, qui va s’en trouver profondément bouleversée.

Comment échapper à un tel risque?

Il faudrait enseigner l’utilisation de l’outil informatique. Expliquer que se concentrer demande du temps, et que mémoriser nécessite d’intégrer des informations nouvelles à ce qu’on sait déjà, ce qui implique de préserver une certaine cohérence. Le problème de nombreux utilisateurs du Web aujourd’hui, c’est qu’ils reçoivent en masse des informations de qualité diverses, au risque de tout gober. Aussi, ils se retrouvent toujours en posture de réaction à une information. Dans la majorité des cas, ce n’est pas eux qui proposent, dissertent, trient, d’où une perte progressive de discernement. Paradoxalement, on sait que mettre son cerveau au repos, en se laissant aller à la rêverie sans objet d’attention, est un moyen puissant de préserver son équilibre cognitif, et donc ses capacités de mémoire.

SOURCE

http://sante.lefigaro.fr/actualite/2016/10/07/25496-lhypersollicitation-cerebrale-est-probleme#

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