Des Français observent le virus de l’hépatite C, une première mondiale

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Pour la première fois depuis sa découverte en 1989, des chercheurs français ont pu photographier le virus de l’hépatite C au microscope électronique. Une étape importante pour la recherche d’un vaccin.

Le virus de l’hépatite C a cette particularité d’être capable de «se déguiser» pour prendre l’apparence d’une petite boule blanche lipidique et de se cacher parmi d’autres dans le sang. Il était donc jusqu’ici visuellement indétectable dans le sang des patient, y compris au microscope. Cette stratégie lui permet de pénétrer plus facilement dans les cellules et de contourner le système immunitaire. En 2013, des scientifiques américains ont pensé y être arrivés, mais ils s’étaient mépris sur la nature des particules observées.

C’est bien cette prouesse que vient de réaliser une équipe d’une trentaine de chercheurs de l’Inserm à Tours (Unité Inserm966 «Morphogenèse et antigénicité du VIH et des virus des hépatites»). Elle a pris au microscope la toute première photo du virus de l’hépatite C.

«Ces observations valident vingt-cinq ans de travail»

Les particules virales présentent une structure particulière, formant une espèce de sandwich gras avec en son centre le matériel génétique du virus (l’ARN viral). La taille du virus varie en fonction du nombre de couches de gras. Pour s’assurer qu’il s’agissait bien du virus, les chercheurs ont utilisé des anticorps spécifiques dirigés contre ses protéines virales. Grâce à la plateforme de microscopie électronique de l’université de Tours, ils sont parvenus à le distinguer des simples particules lipidiques dans le sang des patients.

Sur ce cliché, la structure des particules du virus HCV de l'hépatite C (les trois avec un noyau sombre) se distingue des simples lipoprotéines (les deux les plus à gauche et à droite) - Crédit: Copyright Meunier Piver/Inserm
Sur ce cliché, la structure des particules du virus HCV de l’hépatite C (les trois avec un noyau sombre) se distingue des simples lipoprotéines (les deux les plus à gauche et à droite) – Crédit: Copyright Meunier Piver/Inserm

«Cette structure concorde tout à fait avec des travaux antérieurs de biologie moléculaire qui prédisaient cette organisation. Ces observations valident donc vingt-cinq ans de travail de la communauté scientifique», explique Jean-Christophe Meunier, chargé de recherche Inserm à Tours, responsable de ces travaux.

«La possibilité de visualiser le virus va aider à mettre au point un vaccin car on a besoin de connaître sa structure pour savoir sous quel angle l’attaquer», ajoute-t-il. Car s’il existe aujourd’hui des traitements efficaces contre cette maladie qui se traduit par une inflammation, plus ou moins détectable, du foie, il n’y a pas encore de vaccin.

Le virus de l’hépatite C, le VHC, l’un des plus redoutables de notre siècle, est responsable de 130 à 150 millions de cas d’hépatite C dans le monde et d’environ 700.000 décès chaque année.

source

http://sante.lefigaro.fr/actualite/2016/10/20/25540-francais-observent-virus-lhepatite-c-premiere-mondiale

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