Sachez reconnaitre quand votre foie est malade ! par le Professeur JOYEUX

foie

Le Professeur Joyeux nous fait un bilan sur les choses à connaitre, éviter et comment  protéger pour votre foie.

 

Je suis votre foie. J’ai compris récemment pourquoi vous ne me respectez pas assez. Vous ne me connaissez pas bien ! Je ne vous proposerai pas des interdits. Je vous aiderai à choisir le meilleur pour vous, donc pour moi, votre foie. Ce que je vais vous dire, un enfant de 10 ans peut le comprendre. Vous n’hésiterez pas à le lui transmettre, goutte à goutte, ainsi qu’à tous les membres de votre famille quel que soit leur âge.

À l’âge adulte, certains d’entre vous ne me ménagent pas.

Moi, votre foie, vous m’agressez de plusieurs façons qui parfois s’additionnent.

Trop de sucres = un foie gras

Les excès de sucres dont vous vous régalez sans en mesurer les effets négatifs, je les transforme en gras. Je deviens « foie gras », les scientifiques parlent de « stéatose hépatique ».

Pourtant je ne vis pas dans un corps d’oie !

Cette pathologie est régulièrement observée chez ceux qui peuvent afficher un simple surpoids, et a fortiori chez les personnes obèses. 

Sachez qu’il est désormais démontré que l’obésité peut réduire l’espérance de vie de 8 ans et vous ôter jusqu’à 19 années de bonne santé, cela du fait du diabète de type 2 et des maladies cardiovasculaires [1].

N’oubliez pas que les boissons très sucrées chez les très jeunes – canettes de soda, coca et autres toniques –, consommées régulièrement, sont le premier pas vers les canettes de bière et les cocktails alcoolisés dont on ne peut plus se passer au cours des fêtes, et qui peuvent être très toxiques sur le moment ou à la longue. 

N’oubliez pas non plus que le pain blanc se comporte comme du sucre, que tous les produits laitiers contiennent du lactose dont le pouvoir sucrant est de 0,16 quand celui du sucre raffiné est de 1.
 

Les excès de sucres ne sont pas éliminés par les urines, la respiration, la sueur ou les matières. Ils sont conservés, stockés comme mauvaises réserves en notre corps.

Un gramme de sucre apporte 4 calories et donc 2 grammes, 8 calories. Dès que vous arrivez à 9 calories vous formez un gramme de graisse qui se stocke dans mes cellules. Quand moi, le foie, je suis gavé de gras, ce qui vous crée des fatigues importantes, le gras va se stocker au-delà, dans les seins chez les femmes, autour des hanches et dans le bassin chez les hommes.

Plus moi, le foie, je suis gras, plus la fatigue générale vous crée des besoins en sucres ou en alcool.
Vous entrez dans le cercle vicieux, de la dépendance aux sucres et assez souvent des alcools forts surtout chez l’homme. Surpoids, obésité et diabète sont les conséquences directes. Vous allez payer la facture très chère !

Trop d’alcool : En chemin vers la cirrhose puis le cancer

L’alcool consommé est rapidement absorbé au niveau de l’estomac et passe dans le sang, ce d’autant plus vite que des aliments à mastiquer n’ont pas été pris préalablementBoire un alcool à jeun, surtout s’il est fort, est une erreur alimentaire de base.

Logiquement, on ne devrait consommer le vin qu’au milieu ou à la fin du repas.

Le taux d’alcool dans le sang, l’alcoolémie, s’exprime en grammes par litre de sang.

C’est moi, votre foie, qui le prend en charge. J’en élimine 90 %. Les 10 % restant sont pris en charge par mes amis les poumons avec l’haleine, et par les reins via les urines.

Je peux éliminer au maximum jusqu’à 2,4 g par jour en moyenne.

Au-delà je m’associe aux sucres pour les stocker en gras.

Au-dessus de 3 g, je suis débordé, vous entrez dans le coma. À 5 g c’est la mort assurée.

Sachez que je ne peux éliminer que 0,15 g d’alcool à l’heure. Un seul verre de vin fait monter l’alcoolémie de 0,15 à 0,20 g/l, bien que cela dépende du gabarit et du sexe.

Chez la femme, l’impact du verre de vin est double par rapport à l’homme.

N’oubliez pas qu’entre 0,16 g/l et 0,50 g/l (de 1 à 3 unités d’alcool), les automatismes sont diminués et les gestes mal coordonnés. Vous perdez progressivement votre vigilance.

Prendre des habitudes alcooliques parce que vous n’en savez pas la portée, ou parce que vous êtes angoissé, c’est passer de l’euphorie à la déprime et à la dépendance, plus tard aux troubles psychiques par destruction des neurones.

Les alcools sont en cause dans bien d’autres maladies touchant la zone ORL, avec le palais de saveurs, le pharynx, le larynx, l’estomac et le pancréas… Ils sont aussi impliqués indirectement dans les cancers du sein et de la prostate par l’association alcool-tabac très toxique pour toutes ces zones du corps qui se conjuguent avec de mauvaises habitudes alimentaires. L’évolution cancéreuse sur telle ou telle zone du corps est alors fréquente.

À cela il faut ajouter l’hypertension artérielle qui fait le bonheur des fabricants d’hypotenseurs, les accidents vasculaires cérébraux, les atteintes cardiaques… 

L’évolution vers l’insuffisance hépatique, avec la cirrhose irréversible, se produit vers 40 ans pour les hommes ; elle est plus précoce chez les femmes – vers 30 ans – du fait d’une capacité moindre à métaboliser l’alcool. 

N’oubliez pas que l’alcool est connu pour être un inhibiteur de la resynthèse du glycogène (stockage des sucres dans le foie) après un effort important. L’alcoolisation après une compétition sportive, alors que les réserves en sucres sont épuisées, est un contresens de santé que vous pouvez payer très cher.

Faut-il le rappeler, l’alcool et les médicaments ne font pas non plus bon ménage, en particulier avec les médicaments que les médecins prescrivent beaucoup trop facilement : les antidépresseurs, anxiolytiques, les somnifères, anti-inflammatoires, antibiotiques…

En résumé, quand vous m’inondez d’alcool, pour commencer je m’engraisse. Je fais d’abord de 
la stéatose puis, par l’inflammation, une hépatite dite « alcoolique »à quoi succède assez vite une forme de réaction cicatrisante définitive : c’est la cirrhose [2] avec ses complications classiques, les hémorragies digestives, l’ascite avec le gros ventre plein d’eau et les troubles cérébraux que l’on résume à l’encéphalopathie. Et plus tard le cancer que l’on retrouve au bout de toutes les agressions chroniques que je subis.

Trop de fer : vers l’hémochromatose

L’hémochromatose (des deux mots grecs “haïma” le sang, et “khrôma” la couleur) est la maladie de la surcharge en fer.

Cette surcharge, on la trouve dans divers organes ou tissus de l’organisme : le foie d’abord, le pancréas, le cœur, les glandes endocrines, les articulations et même la peau. Elle est héréditaire, donc génétique. Il faut absolument la découvrir le plus tôt possible, ce qui permet d’éviter des complications graves, telles le cancer du foie.

Et même si vous n’êtes pas touché par la maladie, vous devez veillez à ne pas avoir trop de fer dans le sang.

Pour cela, votre alimentation doit comporter moins de viandes rouges et charcuterie ; une fois par semaine est suffisante. Il faut évidemment supprimer le tabac et les alcools forts, garder un verre de bon vin à la fin de chaque repas s’il n’y a pas de cirrhose. On évitera de prendre du fer ou de la vitamine C sous forme pharmaceutique. Il est recommandé de boire du thé, deux bols par jour, mais sans ajouter du citron du fait qu’il contient de la vitamine C ( 50 mg/100 g).

Et si votre ferritine est trop élevée (> 200), rapprochez-vous de votre centre de don du sang, c’est le meilleur moyen de purger votre sang de tout ce fer !

Ces habitudes qui me protègent

Ce qu’il faut retenir pour me soigner et prendre soin de moi :

  • Ne pas trop fumer, et surtout pas de drogues, même dites « douces »
  • Ne pas boire à outrance. Un verre de bon vin rouge (bio de préférence) de temps en temps sera très apprécié de votre organisme.
  • Consommez des légumes, notamment des artichauts et du radis noir.
  • Dans certains cas, vous pouvez également prendre des compléments naturels qui peuvent protéger le foie, tel le Desmodium; et favoriser le drainage avec des plantes telles que le Chardon Marie ou le Romarin.
  • Evitez les produits laitiers autant que possible.
  • Evitez les produits transformés par l’industrie. Essayez de consommer des produits au plus près de la nature, sans colorant, sans conservateurs. Et de cuisiner vous-même, si cela est possible, pour être certain de ce que vous ingérez.
  • Evitez les médicaments inutiles qui aggravent ma surcharge.
  • Boire de l’eau de bonne qualité
  • Faire une activité physique minimum : marche, randonnée, prendre les escaliers…

Vous avez maintenant compris pourquoi votre foie est si important. Préservez-le et surtout partagez ces informations à votre entourage.

par le Professeur Henri Joyeux

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